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Interview du Professeur Jürgen Rockstroh

De bons progrès ont été réalisés mais une marge d'amélioration existe. Un spécialiste du SIDA évalue les tendances actuelles.

Jurgen-Rockstroh
Jürgen Rockstroh est Professeur de Médecine et Chef de service à la clinique de jour du VIH à l'université de Bonn (Allemagne). Il est spécialisé dans le traitement des patients hémophiles infectés par le VIH et des patients co-infectés par le VIH et l'hépatite C.

 

Il assistera à l'édition ISHEID 2012 pour sa neuvième participation, il nous a récemment expliqué les raisons de sa venue, tous les 2 ans, à Marseille, pour participer à ce congrès consacré au VIH et aux maladies infectieuses émergentes.

Télécharger le programme préliminaire.

« Le Congrès ISHEID réunit un important groupe international de scientifiques » énonce-t-il. « On y trouve un niveau de connaissance élevé et il représente l'un des seuls événements du Sud de la France ».

 

Il a également déclaré, particulièrement apprécier l'interactivité du Congrès ISHEID. « Les congrès de grande envergure empêchent parfois la possibilité d'établir un véritable échange » dit-il. « L'ISHEID attire suffisamment de participants pour favoriser le dynamisme du congrès tout en offrant la possibilité de bénéficier d'une formidable interactivité. Les personnes présentes sont celles qui soignent vraiment les patients. Les thèmes sont plutôt orientés vers la pratique clinique, écouter des spécialistes, débattre sur les protocoles et les dernières études et échanger les idées est très utile pour la pratique professionnelle.»

 

 

Le Dr Rockstroh, membre du Comité Scientifique de l'ISHEID 2012, participe à l'élaboration du programme scientifique. Il nous a donné des détails sur l'actualité abordée lors de la prochaine édition de l'ISHEID. « En premier lieu, le débat s'ouvrira sur les recommandations les plus récentes», nous précise t-il. « Des différences existent entre les recommandations américaines et celles des autres pays. A partir de quand devrions-nous commencer une thérapie ? Il s'agit d'un sujet d'intérêt général. »


De plus, le Dr Rockstroh a expliqué que la gestion des patients infectés par l'hépatite C s'est fondamentalement transformée. « De nouveaux médicaments sont dorénavant disponibles, nous pouvons donc attendre un meilleur taux de guérison », nous précise-t-il. « La France est un pays pionnier dans le traitement de patients grâce à la combinaison de médicaments nouvellement mis sur le marché, nous avons besoin d'évaluer les résultats de ces premières expériences. »


Les dix dernières années ont vu l'émergence d'avancées majeures dans la lutte contre le SIDA, mais aussi de quelques déconvenues. « Un des constats les plus optimistes, le VIH est devenu une maladie qui se soigne et l'activité de la maladie est contenue pour la majorité des patients » nous explique Dr Rockstroh. « Seulement, nous ne disposons pas de remède pour guérir les patients et les médicaments que nous prescrivons, sont considérablement toxiques. De plus, la vaccination ne présente pas encore les résultats escomptés ».


Tandis que les traitements pour les patients atteints du VIH se sont considérablement améliorés ces dernières années, le Dr Rockstroh note une légère augmentation des nouvelles infections depuis 2006. « Nous assistons à une augmentation de patients issus de communautés pauvres » observe-t-il. « Nous constatons plus de problèmes sociaux chez les patients. Ils changent également d'état d'esprit, en acceptant l'idée d'avoir perdu des êtres chers. Nous remarquons de nombreux problèmes relatifs à l'âge des patients lorsqu'ils sont déprimés, et parfois esseulés. »


L'accès universel au traitement demeure un point sensible, à la fois limité et dépendant de la richesse économique d'un pays. « Un effort pluri-disciplinaire sera nécessaire pour fournir un traitement à tous les malades », note-t-il « Il ne s'agit pas seulement d'obtenir un traitement pour tous mais aussi d'assurer l'approvisionnement des médicaments en continu. Nous avons constaté qu'en Europe orientale, le stock de médicaments est peu achalandé or, nous nécessitons, pour mieux travailler, de maintenir un approvisionnement permanent. Les politiciens et les physiciens doivent s'unir pour poursuivre le même but, même si cela devient extrêmement difficile au regard de la crise économique. »


Le Dr Rockstroh a trouvé une manière constructive de travailler dans les régions où l'accès au traitement est inégal, en décidant de se rendre directement dans les communautés pour transmettre son savoir-faire avec les praticiens et les patients sur le terrain. En mars dernier, il s'est rendu à Pune (en Inde) comme l'un des leaders d'un programme médical intensif sur le VIH. « J'ai été invité par Sanjay Pujari pour les accompagner dans l'élaboration de recommandations, pour discuter de cas cliniques et pour transmettre mes connaissances » explique-t-il.


« Je trouve en fait que se rendre ailleurs et observer leur situation est très utile pour comprendre leurs besoins, plutôt que tout le monde visite mon unité. Certaines choses n'ont aucun rapport avec ce qu'ils voient ou le fonctionnement du système indien, ce n'est donc pas très pertinent. Ils utilisent, par exemple, beaucoup moins de tests de résistance car les remboursements sont très faibles. Chacun reçoit un traitement sans être testé au préalable. »


« D'un autre côté, leur expérience de traitement contre la tuberculose est bien meilleure que la nôtre car ils font face à des cas plus nombreux. Cela fut certainement un apprentissage mutuel, en tout cas j'ai beaucoup appris. »

 

Pour en savoir plus sur la recherche d'un remède rejoignez-nous à l'ISHEID, du 23 au 25 mai 2012.

 

Inscrivez-vous dès maintenant.

 


Le Dr Rockstroh, membre du Comité Scientifique de l’ISHEID 2012, participe à l’élaboration du programme scientifique. Il nous a donné des détails sur l’actualité abordée lors de la prochaine édition de l’ISHEID. « En premier lieu, le débat s’ouvrira sur les recommandations les plus récentes», nous précise t-il. « Des différences existent entre les recommandations américaines et celles des autres pays. A partir de quand  devrions-nous commencer une thérapie ? Il s’agit d’un sujet d’intérêt général. »

De plus, le Dr Rockstroh a expliqué que la gestion des patients infectés par l’hépatite C s’est fondamentalement transformée. « De nouveaux médicaments sont dorénavant disponibles, nous pouvons donc attendre un meilleur taux de guérison », nous précise-t-il. « La France est un pays pionnier dans le traitement de patients grâce à la combinaison de médicaments nouvellement mis sur le marché, nous avons besoin d‘évaluer les résultats de ces premières expériences. »

Les dix dernières années ont vu l’émergence d’avancées majeures dans la lutte contre le SIDA, mais aussi de quelques déconvenues. « Un des constats les plus optimistes, le VIH est  devenu une maladie qui se soigne  et l’activité de la maladie est contenue pour la majorité des patients » nous explique Dr Rockstroh. « Seulement, nous ne disposons pas de remède pour guérir les patients et les médicaments que nous prescrivons, sont considérablement toxiques. De plus, la vaccination ne présente pas encore les résultats escomptés ».

Tandis que les traitements pour les patients atteints du VIH se sont considérablement améliorés ces dernières années, le Dr Rockstroh note une légère augmentation des nouvelles infections depuis 2006. « Nous assistons à une augmentation de patients issus de communautés pauvres » observe-t-il. « Nous constatons plus de problèmes sociaux chez les patients. Ils changent également d’état d’esprit, en acceptant l’idée d’avoir perdu des êtres chers. Nous remarquons de nombreux problèmes relatifs à l’âge des patients lorsqu’ils sont déprimés, et parfois esseulés. »

L’accès universel au traitement demeure un point sensible, à la fois limité et dépendant de la richesse économique d’un pays. « Un effort pluri-disciplinaire sera nécessaire pour fournir un traitement à tous les malades », note-t-il « Il ne s’agit pas seulement d’obtenir un traitement pour tous mais aussi d’assurer l’approvisionnement des médicaments en continu. Nous avons constaté qu’en Europe orientale, le stock de médicaments est peu achalandé or, nous nécessitons, pour mieux travailler, de maintenir un approvisionnement permanent. Les politiciens et les physiciens doivent  s’unir pour poursuivre le même but, même si cela devient extrêmement difficile au regard de la crise économique. »

Le Dr Rockstroh  a trouvé une manière constructive de travailler dans les régions où l’accès au traitement est inégal, en décidant de se rendre directement dans les communautés pour  transmettre son savoir-faire avec les praticiens et les patients sur le terrain. En mars dernier, il s’est rendu à Pune (en Inde) comme l’un des leaders d’un programme médical intensif sur le VIH. « J’ai été invité par Sanjay Pujari pour les accompagner dans l’élaboration de recommandations, pour discuter de cas cliniques et pour transmettre mes connaissances » explique-t-il.

« Je trouve en fait que se rendre ailleurs et observer leur situation est très utile pour comprendre leurs besoins, plutôt que tout le monde visite mon unité. Certaines choses n’ont aucun rapport avec ce qu’ils voient ou le fonctionnement du système indien, ce n’est donc pas très pertinent. Ils utilisent, par exemple, beaucoup moins de tests de résistance car les remboursements sont très faibles. Chacun reçoit un traitement sans être testé au préalable. »

« D’un autre côté, leur expérience de traitement contre la tuberculose est bien meilleure que la nôtre car ils font face à des cas plus nombreux. Cela fut certainement un apprentissage mutuel, en tout cas j’ai beaucoup appris. »

Pour en savoir plus sur la recherche d’un remède rejoignez-nous à l’ISHEID, du 23 au 25 mai 2012.

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