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« Toutes les nouvelles maladies infectieuses émergentes ont leur place à ISHEID et l’ensemble des avancées médicales dans ces domaines, y sont traitées. Il s’agit assurément de la manifestation la plus importante, en France, sur le sujet du VIH. D'autres pays organisent, depuis quelques années, leurs propres congrès nationaux dédiés au VIH. L’ISHEID est le congrès français, qui attire néanmoins des délégués et représentants du monde
entier ».
Maintenant que des thérapies efficaces existent pour bloquer la réplication du VIH, le Pr Soriano explique que le programme du congrès de 2012 aborderait des thèmes supplémentaires. « Si les patients prennent leur traitement tel que prescrit, l’efficacité est prouvée », commente-t-il. « En ce qui concerne le VIH, nous devons aujourd’hui considérer à la fois les effets secondaires à long terme et la sécurité des patients, ainsi que les stratégies pour l’éradiquer. Nous pouvons soigner tous les patients, mais nous ne pouvons pas éliminer la maladie pour le moment. »
Le Pr Soriano s'attend à ce que les discussions, lors du congrès ISHEID, concernent aussi les autres maladies virales. « Nous avons besoin de mettre en place quelques concepts pour un meilleur usage des nouveaux antiviraux. Qui doit être traité ? Comment les patients doivent-ils être traités et pour combien de temps ? Les effets secondaires et les interactions médicamenteuses sont à prendre en compte. L'hépatite C est la seule maladie virale chronique qui peut être guérie. L'hépatite C peut être éradiquée grâce à la prescription de médicaments adéquats. Le traitement peut être administré sur une période courte allant de 6 à 12 mois. »
L’élargissement du contenu des conférences du Congrès se reflète également dans les prévisions du Pr Soriano sur l’évolution de la carrière des praticiens. «Un médecin spécialiste du VIH ne peut pas tout connaître sur les maladies associées et les traitements », ajoute-t-il. « Nous sommes humains et continuons à être limités. Notre société bénéficie de médecins extrêmement spécialisés sur les maladies virales. Un docteur ne peut pas se contenter de prescrire au patient des médicaments et voir quelles seront les conséquences. Cet aspect est une des raisons pour participer et assister au Congrès ISHEID. J'aime entendre l’avis de mes collègues spécialisés dans d'autres domaines, parce qu'ils parlent des progrès accomplis et j'en apprends énormément. »
« La médecine devient vraiment fascinante. La manière dont vous gérez vos patients est si complexe que vous devez maîtriser une somme de connaissances à utiliser à un moment crucial, pour traiter le patient du moment. C’est très subtil. Cinquante ans auparavant, il suffisait de prescrire de la pénicilline et c'était suffisant. En revanche, maintenant des notions complexes nous aident à personnaliser le traitement. Afin de bien connaître une maladie, nous devons décider sur laquelle se concentrer. Vous ne pouvez pas essayer de soigner toutes les pathologies en même temps».
Les méthodes de recherche employées pour étudier les causes et découvrir les traitements du VIH ont également bénéficié aux activités de recherche sur d'autres virus, selon le Pr Soriano. « La découverte du VIH et de nouvelles méthodes de diagnostic ont joué un rôle moteur dans les nouvelles recherches sur les virus, lors des 30 dernières années. De nouvelles technologies pour diagnostiquer les maladies virales et les avancées de la thérapie antivirale sont aujourd’hui une réalité. Grâce au VIH, nous en connaissons davantage sur l'hépatite et la grippe. En 1996, nous avons vu l'introduction de la thérapie antivirale du VIH. Cela se passe en ce moment pour l'hépatite C. »
« Si vous êtes seulement atteint du VIH, vous pouvez prendre une thérapie antirétrovirale. Mais si vous êtes co-infecté par le VIH et l'hépatite C, alors un des effets secondaires peut être la cirrhose du foie. Nous utilisons maintenant quatre classes différentes de nouveaux antiviraux pour l’hépatite C et les essais cliniques confirment que plus des 2/3 des cas d'hépatite C peuvent être éradiqués avec l’un de ces traitements ».
Pour le Pr Soriano, l’une des raisons aujourd’hui pour lesquelles les personnes atteintes de l'hépatite C sont plus nombreuses que celles porteuses du VIH (300 millions de personnes souffrant d'hépatite versus 34 millions de séropositifs) semble être une meilleure organisation des communautés du VIH pour éviter la transmission. « Nous ne savons pas vraiment comment l'hépatite se transmet pour un grand nombre d’individus, de sorte qu'il est difficile de trouver une communauté de référence prédominante », a-t-il dit. « La population homosexuelle est organisée en une communauté forte et plutôt puissante. Elle a attiré l'attention des politiciens et des administrateurs. D'autres maladies, comme l'hypertension et l'hépatite C ne sont pas constituées en lobbies aussi puissants. »
L'accès universel au traitement reste un défi, avec des obstacles prépondérants à son développement. « L’approche européenne est presque unique », confirme le Pr Soriano.
« Vous devez payer pour obtenir des médicaments dans le monde, excepté dans l’état de New York et de la Californie, ce qui représente un obstacle de taille. La situation en Europe occidentale est extrêmement privilégiée. Combien de temps va-t-elle durer? Nos patients atteints du VIH peuvent jouir d’une situation professionnelle et familiale normales. Leur espérance de vie est bien supérieure à celle des autres pays du monde. Accéder aux soins est synonyme d’argent. Les médicaments sont chers et quelqu'un doit bien fournir l’argent pour les payer. Plus de la moitié des patients atteints du VIH, dans le monde, vit en Afrique Sub-Saharienne. Les traitements sont de plus en plus accessibles, en dépit d’un choix restreint à 2 ou 3 options. En Europe ou aux Etats-Unis, 25 possibilités s’offrent à vous. Si vous êtes en situation d’échec thérapeutique sur l’un des médicaments, il reste d’autres possibilités. »
Toutefois, le Pr Soriano reste optimiste du fait les énormes progrès réalisés sur les patients européens lors de ces dernières années. Ils représentent pour les autres pays, un modèle potentiel à suivre, dans l’éventualité où les obstacles peuvent être surmontés. « Mes patients sont beaucoup plus optimistes », se réjouit-il. « Ma clinique est devenue très agréable. Nous parlons d’alimentation, de sport et de prise de médicaments. La situation n’a plus rien avoir avec celle d’il y a 15 ans. A cette époque, il était juste question de survie. Maintenant, nous parlons de qualité de vie. Notre clinique n’accueille plus de patients atteints de SIDA déclaré. Nous nous occupons à la fois du cholestérol et de la bonne immunité de nos patients ».
Pour en apprendre davantage de la part du Pr Soriano, rendez-vous à l’ISHEID, au mois de mai 2012, en vous inscrivant dès à présent ici
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